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CHRISTIAN CHARPY - DIRECTEUR GÉNÉRAL DE PÔLE EMPLOI :« Heureusement que la fusion de l'ANPE et des Assedic est faite »

 

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Où en êtes-vous sur les délais de traitement des inscriptions ?

Fin novembre, nous avions 100.000 dossiers en attente. Nous n'en avons plus que 50.000, contre 38.000 il y a un an alors que nous avons 70.000 inscriptions de plus par mois. Depuis le 9 février, nous mettons en place l'entretien unique pour les nouveaux demandeurs d'emploi non indemnisés. Les autres en bénéficieront à partir du deuxième trimestre.

Comment allez-vous faire pour absorber les 400.000 chômeurs supplémentaires prévus par l'Unedic ?

Heureusement que la fusion de l'ANPE et des Assedic est faite. Sans cela, nous aurions eu beaucoup plus de mal à gérer l'afflux de chômeurs. Cela dit, en 2009, la tension va être très forte. Nous réfléchissons aujourd'hui, avec le gouvernement et le conseil d'administration, aux moyens de faire face. Laurent Wauquiez a ouvert la voie à un renforcement des effectifs. Mais il n'est pas question de les augmenter de façon définitive. Nous devons donc trouver le bon équilibre entre embauches en contrats temporaires, à durée indéterminée en anticipation des départs à la retraite et sous-traitance à des opérateurs privés. Nous allons lancer un appel d'offres de 100 millions d'euros par an sur trois ans à la fin du mois pour le suivi de 100.000 à 120.000 demandeurs d'emploi.

Pourquoi y a-t-il si peu de contrats aidés depuis le 1er janvier ?

Je rencontre aujourd'hui les préfets de région qui gèrent ces contrats avec Pôle emploi pour accroître la mobilisation de tous. Traditionnellement, le début d'année est difficile. Il y a aussi sans doute eu des retards liés à la fusion. Mais il ne faut pas minorer le contexte. Les collectivités locales et les associations ont des difficultés financières, et les grandes administrations comme l'Education nationale et la Justice doivent sans doute plus se mobiliser.

Avec l'arrivée massive d'intérimaires au chômage, le profil du chômeur évolue. Cela va-t-il vous amener à modifier votre politique ?

Ce sont pour beaucoup des personnes issues des métiers en crise de l'industrie. Il va falloir que nous renforcions les aides à la reconversion. Actuellement, les formations longues sont plutôt de la compétence des régions. Cela peut être amené à évoluer. Je pense en particulier aux formations médico-sociales.

Plus globalement, la création de Pôle emploi va nous permettre de mobiliser davantage de formations. Cette année, 365 millions d'euros y seront consacrés. S'y ajoutera une partie des 200 millions d'euros du Fonds de sécurisation des parcours professionnels des partenaires sociaux. Et l'allocation de fin de formation va être rétablie, le décret ad hoc devant être publié dans les quinze jours. J'ai donné des instructions pour débloquer tous les dossiers concernés sans attendre.

Quand va s'appliquer la réforme de l'assurance-chômage ?

Nous serons opérationnels dès le 1er avril. Nous avons déjà fait les ajustements informatiques. Nous serons également prêts le 1er avril à verser l'allocation forfaitaire de 500 euros promise par Nicolas Sarkozy pour les chômeurs ayant peu cotisé. Quant au chèque emploi service de 200 euros pour les demandeurs d'emploi, il sera opérationnel en juin.

Les agents appliquent-ils la nouvelle législation sur l'offre raisonnable d'emploi ?

Je me suis engagé auprès de Christine Lagarde et de Laurent Wauquiez à leur remettre fin avril un rapport sur l'application de ce dispositif, mis en place fin octobre. Il y a aujourd'hui un nombre limité de sanctions : 10 par mois en cumulé avec les refus d'élaboration du plan personnalisé d'aide au retour à l'emploi. C'est lié à la crise qui se traduit par une baisse importante du nombre d'offres d'emploi.

PROPOS RECUEILLIS PAR LEÏLA DE COMARMOND ET DEREK PERROTTE, Les Echos

lesechos.fr

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