24 Juillet 2009
Pôle Emploi confié au privé : le libéralisme n'a pas de prix
Pôle Emploi bat déjà de l'aile? Peu importe, Laurent Wauquiez a la solution: confier le bébé à des entreprises privées, et à grand frais. Dans l'idéologie libérale, même en crise, tout vaut mieux que le service public...
Pôle Emploi bat déjà de l'aile? Peu importe, Laurent Wauquiez a la solution: confier le bébé à des entreprises privées, et à grand frais. Dans l'idéologie libérale, même en crise, tout vaut mieux que le service public...

P E
La crise économique, nous sommes en plein dedans. Personne ne sait jusqu’à quand, et surtout pas ceux qui hasardent contre rémunération des pronostics à la télé, l’air pontifiant, plissant le front pour avoir l’air plus sérieux.
La vérité, c’est qu’hormis ceux des fonctionnaires, la plupart des emplois sont aujourd’hui menacés.
Mais non.
Ce serait se faire des illusions sur les capacités d’innovation de ces gestionnaires du libéralisme à la petite semaine. Donc, pour lutter contre le chômage, yaka confier ça à des entreprises privées, ça créera des emplois. C’est ce qu’a annoncé le grand (essentiellement par la taille) Laurent Wauquiez.
Cette forfaiture n’est pas tout à fait nouvelle puisque la délégation au privé est expérimentée depuis 2005, mais à petite échelle (46 000 chômeurs en 2007 et 2008), et il est bien évident que dans l’esprit des drogués du libéralisme qui en ont eu l’idée, elle a pour vocation d’être poursuivie, amplifiée, puis généralisée !
Des ouineurs du privé au chevet des chômeurs...
Adecco ( et sa filiale Altédia) c’est carrément fort de café. Adecco le leader mondial de l’intérim, symptôme de la dégénérescence du monde du travail. Il y a 40 ans, l’intérim n’existait pas en France. Puis il a démarré, la loi ne faisant que s’adapter a posteriori à une situation de fait. Et les garde-fous encadrant l’emploi d’intérimaires, imposés pour éviter les dérapages, ont tous sauté. Désormais, l’interim est entré dans les mœurs, dans les entreprises, à tort et à travers… Avec pour résultat la précarisation du monde du travail, le salaire et la vie au jour le jour. Et le constat, implacable : aux premiers symptômes de crise ou de baisse d’activité : pfuitt ! Ce sont les intérimaires qui dégagent les premiers.
Si on résume, des cabinets privés, avec des « conseillers » encravatés, dynamiques, motivés, branchés, positifs, proactifs, performants, « committed » et commissionnés, tout frais émoulus d’une école de ouineurs, qui n’auront pour horizon que les milliers d’euros qu’ils toucheront à chaque fois qu’ils placeront un pauvre bougre dans un boulot de nettoyage à mi-temps à deux heures de chez lui. Rien à voir avec les fonctionnaires vermoulus du Pôle Emploi !
R
este tout de même à comprendre comment une société privée pourrait obtenir de meilleurs résultats que le Pôle Emploi, alors que le nombre de chômeurs continue à augmenter de manière affolante pendant que les offres d’emplois se raréfient au rythme de la banquise au Pôle Nord.Je termine par un simple copier/coller de fin de l’article du Monde, éloquent :
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