06 Janvier 2009
Assurance-chômage : le « non » de FO place la CFDT devant un choix difficile
[ 08/01/09 ]
FO ne signera pas l'accord sur l'assurance-chômage qui modifie les règles de l'indemnisation. Cette décision complique la situation pour la CFDT, qui risque de se retrouver isolée. La centrale de François Chérèque se prononce aujourd'hui.
Le réchauffement des relations sociales n'a duré que deux heures. Le temps qui s'est écoulé entre la sortie de la séance de négociation marathon en fin de matinée sur la formation professionnelle, assez sereine (lire ci-dessous), et l'annonce de la décision du bureau confédéral de Force ouvrière sur l'assurance-chômage. La centrale a quitté le jeu paritaire à l'Unedic en 1995. Mais, depuis l'arrivée de Jean-Claude Mailly à la tête de FO, on lui prête l'intention d'y revenir. Elle l'avait déjà fait miroiter lors de la précédente renégociation de la convention d'assurance-chômage pour se raviser au dernier moment. Bis repetita. « A l'unanimité », sa direction a en effet décidé de ne pas signer le projet d'accord Unedic. Sont invoqués le refus de « déshabiller Pierre pour habiller Paul » au motif que l'ouverture de nouveaux droits pour les chômeurs est contrebalancée par la réduction d'autres droits, et le mécanisme de baisse des cotisations en cas d'amélioration de la situation financière.
La CFTC extrêmement réservée
Si elle n'est pas à proprement parler une surprise, cette décision complique singulièrement la donne syndicale, et en particulier la situation de la CFDT, qui risque de se retrouver isolée. La confédération de François Chérèque, dont le bureau national doit se prononcer aujourd'hui sur l'accord, est celle qui a marqué le plus d'allant à la fin de la négociation sur l'assurance-chômage, à la veille de Noël. Certes, les termes ont été prudents, mais elle s'est véritablement montrée encline à signer le texte. Le 24 décembre au matin, son secrétaire général, François Chérèque, l'a confirmé au micro de France Inter.
Une approbation de FO aurait pu conduire la CFTC à signer aussi. Las. Non seulement sa négociatrice a dit à la sortie de la négociation tout le mal qu'elle pensait du projet d'accord, mais le président de la centrale chrétienne, Jacques Voisin, reste extrêmement réservé sur le texte. Un refus de signature marquerait cependant une rupture majeure de stratégie pour la CFTC. Et certains, en interne, craignent que cela se traduise par une perte de subventions et espèrent peser sur la décision, qui sera prise lundi. Pour l'heure, si l'on excepte la CFDT, l'autre paraphe le moins improbable reste celui de la CGC, dont le leader est étonnement silencieux. Elle aurait sans doute le plus à perdre d'une intervention de l'Etat, qui pourrait ne pas se priver d'abaisser le plafond d'indemnisation, pénalisant l'encadrement, s'il était amené à reprendre la main.
Interpeller les pouvoirs publics
Le problème est que « la CFDT ne signera pas seule », a prévenu François Chérèque. La réforme de la représentativité qui vient d'entrer en vigueur permet encore un accord minoritaire, mais plus pour longtemps. Or la CFDT en est un fervent partisan au nom de la démocratie sociale. Mais elle s'est mise en situation de parler rapidement. Sur le fond de l'accord, si des regrets s'expriment ici ou là en interne, il semble que l'analyse de la confédération soit assez largement partagée. On peut donc penser que les cédétistes devraient assortir une signature de réserves. Reste la question de la stratégie à adopter. Faut-il encore une fois se jeter à l'eau en signant, au risque de prendre des coups ? L'ampleur de la hausse du chômage qui pousse à l'action joue dans ce sens. De même que le refus de la CFDT de laisser la main à l'Etat sur l'indemnisation du chômage, qui du reste s'en passerait bien. Mais peut-être pourrait-elle interpeller les pouvoirs publics. C'est en tout cas ce qu'a fait un de ses compagnons de route dans le « Monde » daté d'aujourd'hui : Jean-Baptiste de Foucauld, qui juge sévèrement l'accord, propose au gouvernement de l'améliorer en consacrant aux chômeurs les économies que générerait la suppression des exonérations de charges sur les heures supplémentaires.






